Crise financière : rôle des banquesLes établissements bancaires français jouent-ils le jeu ?27 janv. 2010 Doris Séjourné
Que peuvent les lois là où l'argent est roi ? - Libre de droits
En contrepartie des aides publiques de 360 milliards dont elles ont bénéficié, les banques françaises se sont engagées à faire progresser de 3 à 4 % le volume des crédits accordés aux particuliers et aux entreprises. C'était le deal. Le crédit à la consommation en net reculLe rapport de l'Association des sociétés financières (ASF) évoque une détérioration de la production : - 21 % sur les douze derniers mois. Conséquence, les organismes de crédit et les banques rechignent à accorder des prêts aux particuliers. Les crédits à la consommation enregistrent une chute historique de 13,3 % en 2009. Pour les crédits personnels subissent une baisse de 31 %, soit près du double que celle déjà record de 2008. Du jamais vu depuis 45 ans. Et ce n'est guère mieux pour les crédits affectés à l'amélioration de l'habitat. Seuls les crédits automobiles sont en hausse de 2,7 %, en partie grâce à l'effet positif de la prime à la casse. Deux causes expliquent ce repli : la baisse de la demande de crédits en période de chômage et une offre bancaire peu avantageuse pour les clients. Certes la baisse de la consommation reste encore limitée. Mais combien de temps encore résistera-t-elle ? Les PME en mal de crédit de trésorerieMalgré les efforts considérables de Paul Ricol, le médiateur nommé par le gouvernement pour amener les banques à venir en aide aux PME en difficulté, le dernier rapport rendu en septembre 2009 par la Banque de France est édifiant. Le montant des crédits accordés aux entreprises a baissé de 0,6 % en un an. Mais le véritable sujet d'inquiétude concerne le recul de 10,8 % depuis juillet 2008 des crédits de trésorerie. Les banques justifient cette tendance par le ralentissement de l'activité, qui a mécaniquement réduit les besoins de trésorerie. Le recul du volume de crédit tient également à la baisse de 31,5 % sur un an des crédits accordés aux entreprises financières. Des arguments que réfute la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) qui estime que, par leur frilosité, les banques sont en partie responsables de l'envolée des défaillances d'entreprise (+18% en un an). Toujours selon la CGPME, 60 % des PME ont besoin d'un financement et 78 % de leurs dirigeants font état d'un durcissement des conditions d'octroi de crédit. De son côté, Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, a envoyé un courrier à 12 banques ayant reçu une aide de l'Etat pour leur rappeler "l'enjeu majeur" que représente le crédit pour le redémarrage de l'économie. Rétablir la confiance : une urgence pour les banquesLa défiance de l'opinion publique envers un système bancaire opaque qui accorde à ses traders des bonus exorbitants n'a jamais été aussi grande. Tout le monde est prompt à diaboliser les banques. C'est d'autant plus facile lorsqu'elles ne tiennent pas leurs promesses. Mais cette "rancœur" envers les banques est peu productive. Le seul moyen de restaurer la confiance entre les banques et leurs clients est d'adopter des règles claires, connues et acceptées par tous. Le 40ème sommet de Davos s'ouvre sur fond de régulation financière. Espérons que ce ne sera pas un nouveau coup pour rien comme au sommet de Copenhague. Tous droits réservés Doris Séjourné. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
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