Tout savoir sur la prime à la casseHistoire et fonctionnement de la prime à la casse2 déc. 2009 Sébastien Rosset Le 4 décembre 2008, Nicolas Sarkozy annonce en grande pompe le lancement officiel de la prime à la casse. Une prime de 1 000 euros sera octroyée à toute personne qui se débarrassera de son ancienne automobile, de plus de 10 ans, en échange de l’achat d’une neuve. Le but principal de cette mesure est de relancer le marché de l’automobile et remplacer petit à petit des voitures polluantes par des voitures neuves de facto moins polluantes. Une idée pas vraiment nouvelleMême si l’idée semble originale, cette mesure existait déjà depuis le 26 décembre 2007, sous un autre nom : le « super bonus ». Suivant le même principe, l’acquéreur d’une voiture neuve peu polluante recevait un bonus de 300 euros en supplément du bonus écologique s’il acceptait de détruire son vieux véhicule. Une offre jugée trop restrictive par les consommateurs qui n’emporte pas le succès escompté. En 2008, le but du gouvernement est de donner un caractère plus incitatif au « super bonus » : l’achat d’un véhicule neuf en échange d’un ancien de plus de dix ans, mis à la casse, permet de percevoir la prime à la casse et la prime écologique à laquelle l’acquéreur peut prétendre selon le modèle acheté. Un allègement du fonctionnement et une augmentation significative du montant de la prime qui devraient assurer la réussite de cette mesure. Confiant dès décembre 2008, le gouvernement table sur 220 000 primes pour l’année 2009. 600 000 primes à la casse avant fin 2009Le succès de la prime à la casse est bien plus grand. En réalité, Patrick Devedjian, Ministre de la relance économique à annoncé lors de la remise de la 500 000ème primes, que l’Etat s’attendait à en distribuer près de 600 000 d’ici la fin de l’année 2009. Fort de ce succès, le gouvernement prolonge sa mesure. Originellement censé prendre fin en décembre 2009, la prime à la casse est finalement assurée pour toute l’année 2010. Le principe reste le même, mais le montant de la prime, 700 euros est un peu moins attrayant. Quoiqu’il en soit, le gouvernement est très confiant et mise sur 400 000 primes d’ici la fin de l’année. Le gouvernement injecte 240 millions d'eurosPour assurer le prolongement de cette mesure, le gouvernement à d’ores et déjà annoncé qu’il injecterait 240 millions d’euros supplémentaires. Un coût justifié par Patrick Devedjian qui annonce la sauvegarde 20 000 emplois sauvés dans la filière grâce au dispositif. Une annonce qui fait réagir les ouvriers des usines françaises, car si le dispositif permet effectivement aux constructeurs de maintenir leur production, les véhicules qui ont fait le succès de la prime à la casse sont les petites citadines à « bas coût » fabriquées pour la plupart ailleurs qu’en France. Le secteur de l'automobile en France reste menacéLes chiffres confirment cette tendance puisque sur neufs mois, la production de PSA Peugeot Citroën et de Renault a reculé de plus de 28% dans l'Hexagone. Seul le succès de la Peugeot 308 et de la Renault Scenic ont permis de ralentir cette tendance au troisième trimestre. De plus, selon Karine Berger directeur des études chez l’assureur crédit Euler-Hermès SFAC, le secteur de l’automobile devrait perdre entre 20 000 et 30 000 postes pour l’année 2009. Une mesure qui profiterait donc plus aux constructeurs et équipementiers qu’aux ouvriers français. Un marché de l'occasion au plus basUne prime à la casse qui fait littéralement plonger le marché de l’occasion. En effet, selon les chiffres du conseil national des professions de l’automobile, le marché de l’occasion aurait chuté en 2009 de plus de 11%. Les plus touchées par la chute : les ventes de voitures de moins d’un an qui baissent de près de 30%. Le marché de l’occasion devrait rebondir dès la fin 2010 avec l’arrêt de la prime à la casse. Pour le moment, il ne reste plus qu’un petit mois pour pouvoir profiter d’une prime à la casse de 1000 euros pour autant que la livraison du véhicule soit prévue avant le 31 mars 2010. Les carnets de commandes des constructeurs sont déjà bien remplis et les délais de livraison de plus en plus long. Alors pas de temps à perdre ! Tous droits réservés Sébastien Rosset. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
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